Economie de guerre

Publié le par mathématiques souterraines

Deux nouvelles dans le même journal de hier (Neue Zürcher Zeitung du 24 novembre 2008). Une effrayante et une inquiétante. Commençons par la première:

Plus de farine dans la bande de Gaza !

Depuis 18 jours, l’armée israélienne a « fermé » la bande de Gaza. Conséquence logique, les stocks de matières premières et de nourriture sont maintenant pratiquement épuisés.

L’association des boulangers de Gaza, avait fermé, il y a une semaine, un peu plus de la moitié des boulangeries. Samedi passé, elle a annoncé que les stocks de céréales étaient épuisés. Les moulins fabriquent la farine avec des céréales de mauvaise qualité, destinée à l’origine à nourrir les animaux. Le pain est dorénavant rationné.

Crever la gueule ouverte

La punition collective infligée à la population palestinienne de la bande de Gaza a des conséquences impensables et condamne à terme ses habitants à mourir à petit feu : il n’est plus possible de se chauffer, l’électricité se fait rare et les hôpitaux n’acceptent plus que les urgences ; d’ailleurs, les médicaments commencent à manquer. Peu à peu, la nourriture se fait rare… Le gouvernement israélien ne semble pas pressé de rouvrir les frontières. Une invitation à la population palestinienne à crever la gueule ouverte, et en silence, s’il vous plaît ?

Pendant ce temps, en Israël…

L’économie de guerre fait également des dégâts : Plus d’ 1,630 millions d’israéliens, à peu près un cinquième de la population, vivent dans la pauvreté. Pire, un enfant sur trois vit en dessous du seuil de pauvreté. L’union syndicale Histradut brandit la menace de la grève générale si le gouvernement ne fait rien pour améliorer le sort de la population.

Quelle connerie…

La guerre ! La guerre permet de dépasser des limites, inlassablement ; de repousser l’horreur. Elle rend ce qui hier était inhumain aujourd’hui quotidien et demain souhaitable. L’état de guerre permet de condamner les palestiniens, notamment à Gaza, à crever à petit feu et permet au gouvernement israélien de pousser sa population modeste vers la précarité puis la misère. C’est à se demander si la société israélienne, avec tant de disparités, pourrait actuellement vivre ensemble sans cette guerre.

Pourtant, seule la paix pourrait permettre aux populations israélienne et palestinienne d’avoir un avenir autre que cet éternel présent avec la lutte pour la survie et la peur comme seul horizon. Depuis la création d’Israël, les puissances occidentales se foutent de leur responsabilité historique et ne font rien pour soutenir le « vivre ensemble » dans la région, bien au contraire… Et nous ? Nous nous apitoyons brièvement puis détournons la tête, sans aucune envie de la fourrer dans ce merdier… et allons courageusement acheter notre litre d’huile d’olive de Palestine, tant qu’il reste des oliviers….


Les dessins viennent du site de Ben Heine, un journaliste graphiste belge.

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