Ernie Zelinski : l’art de ne pas travailler. Tout un programme !
Tiens, encore un bouquin-mode-d’emploi sur le thème : « comment mieux vivre sa vie »… Eh oui ! Pourtant, celui-ci fait mieux que de prôner le développement personnel sans mettre en question la société dans laquelle on évolue. Ce livre déboulonne simplement, et sans tomber dans l’idéologie, le rêve de papa, « travailler plus pour gagner plus » et propose un plus alléchant « travailler moins pour vivre mieux ».Si l’Art de ne pas travailler se lit comme un roman, c’est parce qu’Ernie Zelinski décrit pour l’essentiel son expérience personnelle. Jeune ingénieur, il accumulait les heures supplémentaires, d’après la logique tarabiscotée selon laquelle les intérêts de sont entreprise et les siens ne faisaient qu’un. Il n’avait pas pris de vacances pendant trois ans. Un été, il décida de prendre dix semaines de congé, une idée que sa hiérarchie désapprouvait… Revenu au boulot, il fut licencié.
Après avoir digéré ce coup bas, il regarda son licenciement comme une bénédiction. Il prit deux années sabbatiques, sans emploi ni formation, avec comme « seul » but celui de vivre heureux sans travailler. Et ça lui réussit : il est devenu expert en loisirs, donne des conférences, écrit des bouquins qui se vendent mieux que des petits pains et a adopté la règle de ne travailler que les mois en « r » !
L’oisivité créatrice, comment ça marche ?
Là où le bouquin fait mieux que de proposer de l’assistance psychologique, c’est lorsqu’il déconstruit la morale du travail. Zelinski est formel : « la morale du travail est une morale d’esclave ». Il s’en prend aussi à d’autres lieux communs, notamment celui qui place le bonheur dans la consommation. Quand on le fait sérieusement, réfléchir au but et au sens du travail rend forcément philosophe.
Zelinski propose de réfléchir au sens et au but de la vie et de se demander ce qui nous intéresse vraiment. Il conseille de développer ses loisirs (ou de les reprendre), en utilisant la méthode du mind mapping. Il recommande également de changer sa vision de la vie, du travail et du chômage et de s’affranchir de la morale sociale pour en développer une bien à soi. Au chômeur, il propose de jouir de son temps libre et au travailleur, de bien utiliser le peu de loisirs que lui laisse sa vie active. A tous, il enjoint de se retrouver, d’être créatif, de suivre sa voie… Malheureusement, le job d’expert en loisirs est déjà pris ! C’est vrai qu’il fallait oser…
Pour en savoir plus…
Il faut bien entendu lire l’Art de ne pas travailler ! Parsemé de citations d’auteurs plus ou moins célèbres, il se lit très facilement ; et même s’il ne me semblait pas révolutionnaire, il a le grand mérite de remettre les choses à leur place et de rappeler des choses quelques fois évidentes mais que tout un chacun a tendance à oublier.
Ernie Zelinski a aussi un site internet, en anglais, sur lequel il propose de télécharger gratuitement de larges extraits de ses œuvres. Nous lui souhaitons longue vie et bien du plaisir !
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